le 8 novembre 2017
La moitié (48 %) des entreprises industrielles françaises se jugent moins compétitives que les industriels allemands

L’Allemagne, cet éternel modèle ? En matière de compétitivité, la réponse ne fait pas de doute pour  les entreprises industrielles françaises, qui voient dans notre voisin d’outre-Rhin l’exemple à suivre. Selon le baromètre Randstad Inhouse Services de la compétitivité, pour lequel OpinionWay a interrogé en septembre 2017 les dirigeants de 200 entreprises industrielles françaises représentatives de leur secteur, et autant en Allemagne, les industriels français plébiscitent en tout premier lieu le « système de formation », jugé très favorable à la compétitivité de leurs homologues allemands par 47 % des répondants de l’Hexagone. Suivent la « capacité d’innovation » (39 %) et le « dialogue social » (38 %). Inversement, « l’approvisionnement et le coût de l’énergie », l’élément réputé très favorable à la France qui recueille le plus grand score auprès des industriels allemands, atteint tout juste 11 %. Dans ce contexte, la moitié (48 %) des entreprises industrielles françaises se jugent moins compétitives que les entreprises industrielles allemandes – tandis qu’outre-Rhin, seulement 5 % des industriels estiment être moins compétitifs que les entreprises d’Hexagone. La recette de l’industrie allemande ? Commençons par constater que Français et Allemands ne misent pas sur les mêmes leviers. Alors que les Français estiment que leur « capacité à investir et à innover » est l’élément qui contribue le plus (58 %) à leur compétitivité, les industriels allemands soulignent quant à eux leur « capacité à recruter de la main d’œuvre qualifiée » (53 %), suivie des « relations avec les sous-traitants » (40 %). Bref, là où les Français semblent privilégier les process, les Allemands préfèrent de leur côté investir dans les ressources.

 

« Le train de réformes engagé en France poursuit un objectif précis : redresser la compétitivité du pays. Celle-ci avait commencé à se dégrader dès le début des années 2000, en particulier vis-à-vis de notre principal partenaire commercial, l’Allemagne. Comment expliquer cet écart de compétitivité, qui demeure encore aujourd’hui malgré les avancés très favorables réalisées sur la réduction du coût du travail pour les bas salaires? Pour répondre, le baromètre Randstad Inhouse Services a fait le choix, cette année, de se pencher de part et d’autre du Rhin au chevet des entreprises industrielles, en raison de leur rôle moteur dans l’économie. Il ressort que l’Allemagne met davantage en avant ses ressources humaines dans ses leviers de compétitivité. La capacité à recruter une main d’œuvre qualifiée est ainsi le critère qui revient le plus souvent dans la bouche des industriels allemands. À la lumière de ce résultat, il est cohérent que le système de formation, en particulier l’apprentissage, constitue l’élément que les industriels français envient le plus à leurs homologues allemands », déclare François Béharel, président du groupe Randstad France.