le 18 mai 2015
Devenir manager ? Oui, à condition d’être un expert. Le poste de manager évolue, pas la façon d’y accéder

Alors que le métier de manager évolue, sous l’effet notamment de responsabilités à la fois plus nombreuses et plus complexes, les pratiques de promotion des managers demeurent inchangées. Comme par le passé, les entreprises continuent de nommer aux postes de managers ceux de leurs collaborateurs qu’elles considèrent comme les meilleurs experts. Sur dix collaborateurs promus à une fonction managériale, neuf estiment l’avoir été sur la base de leur expertise, selon l’étude1 menée par HR Consultancy Partners, le cabinet de conseil en ressources humaines du groupe Randstad France. Derrière la « reconnaissance de l’expertise », les critères les plus cités sont le « potentiel managérial » (qui a joué un rôle dans 63 % des promotions2 ) ainsi que le «souhait exprimé par le collaborateur d’accéder à un poste de manager » (41 % des promotions).

« Décriés, redoutés, idéalisés, enviés, les managers occupent une place à part dans l’entreprise. Figure allégorique de l’entreprise, le manager renvoie à une fonction suffisamment protéiforme pour que chacun – ou presque – s’y reconnaisse. Il désigne en effet autant le cadre supérieur à la tête d’un service dans une grande entreprise que l’employé de PME chargé de superviser un atelier. Mais le patron de TPE, qui emploie un salarié, est lui aussi un manager. Alors comment devient-on manager? Souhaite-t-on le devenir au demeurant ? L’étude réalisée par HR Consultancy Partners révèle le « classicisme » des pratiques d’identification des managers, qui consistent aujourd’hui encore à promouvoir le meilleur expert. Ce constat interpelle à l’heure où la digitalisation et les nouvelles façons de travailler transforment l’environnement managérial. L’étude apporte également un bémol au sentiment dont font part de plus en plus de dirigeants sur la crise des vocations managériales. Car si le métier de manager s’est incontestablement complexifié, il ne semble pour autant pas décourager les futurs managers. A cet égard, selon l’étude, devenir manager demeure une étape obligée et naturelle dans le parcours du salarié désireux d’évoluer dans son entreprise », analyse Mickaël Hoffmann-Hervé, président de HR Consultancy Partners et directeur général délégué en charge des Ressources Humaines du groupe Randstad France.