le 6 novembre 2014
La baisse des dotations de l’Etat contraint les collectivités locales au grand écart

Privées de 1,5 milliards d’euros de dotations de l’Etat en 2014, et 3,7 milliards l’an prochain, les collectivités territoriales soufflent le chaud et le froid en matière de ressources humaines (RH). Alors que les exécutifs locaux érigent en priorité la maîtrise de la masse salariale, davantage de collectivités envisagent une hausse plutôt qu’une baisse des effectifs, selon le dernier baromètre RH des collectivités locales, réalisé par le pôle public de Randstad. La maîtrise de la masse salariale arrive ainsi en tête des priorités relatives à la gestion des RH pour 66 % des communes, 60 % des intercommunalités et 51 % des conseils généraux et régionaux. Pourtant, un quart des collectivités (24 %) prévoit d’augmenter ses effectifs là où une sur cinq (20 %) envisage de les diminuer. Ce résultat paradoxal témoigne des difficultés auxquelles font face les collectivités. Amputées d’une part importante de leurs dotations – 11 milliards d’euros de 2015 à 2017 –, elles doivent répondre à une demande sociale accrue – illustrée par exemple par la réforme des rythmes scolaires. Un grand écart qui se traduit aujourd’hui par un climat social dégradé et peut-être, demain, par une hausse des impôts locaux.

Le baromètre RH des collectivités locales de Randstad en un coup d’œil

  • La baisse des dotations de l’Etat va influencer les recrutements de 86 % des collectivités interrogées
  • En réaction à la baisse des dotations, la maîtrise de la masse salariale devient la première priorité : c’est le cas pour 66 % des communes, 60 % des intercommunalités et 51 % des conseils généraux / conseils régionaux.
  • Pour autant, les collectivités n’envisagent pas de réduire leurs effectifs : la part des collectivités locales prévoyant une hausse de leurs effectifs (24 %) en 2014 est plus importante que celle prévoyant une baisse (20 %).
  • De même, 39 % des collectivités envisagent de remplacer les 2/3 des départs à la retraites, en hausse de 8 points sur un an.
  • Pour faire face à la réforme des rythmes scolaires, les collectivités entendent d’abord recourir aux agents en place, mais 23 % des communes et 15 % des intercommunalités prévoient de recruter des vacataires.
  • 28 % des collectivités affirment que le climat social s’est détérioré en 2014 par rapport à 2013, tandis qu’il se serait amélioré pour 10 % d’entre elles seulement.