le 19 juillet 2021
Flexibility@Work 2021 : embrasser le changement
Au cours des 60 dernières années, le monde du travail a radicalement changé.  A l’heure où la crise de COVID-19 est venue bouleverser et accélérer la transformation du travail, l’étude Flexibility @Work 2021 du groupe Randstad propose une analyse des grandes mutations de l’emploi pour mieux anticiper l’avenir. Diversification des formes et des cadres d’emploi, impact des nouvelles technologies, diversité et inclusion, re·sources vous partage les enseignements de cette étude.

Frits Goldschmeding a créé Randstad il y a plus de soixante ans. Il n’imaginait certainement pas à quel point le monde allait se transformer en quelques décennies. Pour faire vivre son entreprise, Frits roulait à vélo et utilisait des enveloppes prétimbrées… Une réalité bien éloignée de l’infrastructure digitale dans laquelle nous évoluons aujourd’hui. Une chose néanmoins n’a pas changé : la difficulté à recruter de bons profils. Et, de leur côté, les salariés attendent prioritairement la même chose de leur employeur : un salaire décent qui soit la juste récompense du travail fourni.

Si des constantes demeurent, des changements, parfois éphémères, ont été opérés. Les collaborateurs et leur lieu de travail ont évolué en l’espace d’une ou de deux générations à peine. Ces évolutions ont permis l’essor des centres urbains qui ont drainé les meilleurs talents et sont devenus de véritables  rôles de créativité. Parallèlement à la concentration des employés de bureau, la conception même des lieux de travail a elle aussi changé. D’un agencement compartimenté en « box », elle est passée à des espaces ouverts, puis à des bureaux privatifs et aux espaces de coworking. L’environnement de travail se transforme à nouveau aujourd’hui avec l’essor du télétravail – et pas seulement à cause de la COVID-19 – si bien que l’on se demande s’il est encore pertinent d’avoir des bureaux…

Six décennies de transformations du travail

En 1960, nous vivions dans un monde de nations, d’empires et de pouvoirs coloniaux évanescents. Aujourd’hui, a contrario, il  est sans doute plus juste de se représenter le monde comme un vaste réseau connecté de villes et de régions interdépendantes.  Certes les frontières existent toujours, mais la technologie aide à jeter des ponts entre les communautés. De moins en moins de personnes vivent à la campagne pendant que la croissance économique et les opportunités se concentrent dans les plus grands centres urbains du monde.

Les outils que nous utilisons ont eux aussi changé. Il y a soixante ans, les ordinateurs étaient cantonnés aux bunkers militaires et aux campus universitaires et seuls quelques spécialistes en connaissaient les mystères. Depuis, les technologies numériques et internet ont profondément transformé la façon dont nous travaillons.

Naviguer dans ce nouveau monde plus interconnecté nécessite des compétences différentes. Cette évolution a logiquement vu croître la demande de talents possédant des qualifications dans quatre disciplines : science, technologie, ingénierie et  mathématiques (STIM). Or, malgré les efforts concertés des entreprises, des universités et des gouvernements, le marché du travail n’a jusqu’à présent pas été en mesure de répondre à cette demande. Ainsi un déficit de compétences « digitales » continue d’entraver notre capacité à optimiser de nombreuses nouvelles technologies.


La technologie fait évoluer la demande de main-d’œuvre 

Beaucoup d’emplois hier très répandus ont disparu aujourd’hui. Pour les travailleurs de la génération Z qui entrent sur le marché du travail, l’idée d’un standardiste est aussi étrange que celle d’un crieur de rue allant annoncer les nouvelles du jour dans la ville. L’automatisation a un impact considérable sur la nature des opportunités qu’offre le marché du travail.

Quand Randstad a démarré, en 1960, il allait falloir encore des dizaines d’années avant qu’apparaissent les premières offres d’emploi pour un poste de développeur de logiciels. Aujourd’hui, dans l’ensemble du marché du travail mondial, ce rôle est l’un des plus recherchés. Spécialistes du marketing dans les médias sociaux, opérateurs de drones, juristes spécialistes de l’espace… nombreuses sont les autres formidables carrières que l’on a vu apparaître ces dernières années.

Parallèlement à ces nouveaux rôles est apparue la crainte de voir les robots venir voler nos emplois. Certains emplois manuels et de bureau sont en train de disparaître sous l’effet de l’automatisation et de l’intelligence artificielle. Cette évolution ne reflète pourtant pas totalement la réalité du monde du travail. Certes, les technologies rendent certains postes obsolètes, mais elles génèrent dans le même temps une demande pour d’autres rôles, dont beaucoup sont meilleurs que ceux qu’elles remplacent.

Le rythme auquel de nouveaux postes apparaissent est si élevé que les écoliers d’aujourd’hui seront probablement nombreux, demain, à occuper des postes qui n’existent pas encore. Il est donc difficile de prévoir les compétences dont ils auront besoin. Mais on observe clairement une augmentation de la demande de compétences non techniques, autrement dit générales, telles que la créativité, l’intelligence émotionnelle et l’aptitude à  négocier. En prenant le pas sur les métiers traditionnels, les machines créent des opportunités pour des carrières qui nécessitent des compétences  humaines particulières.

les technologies rendent certains rôles obsolètes, mais elles génèrent dans le même temps une demande portant sur d’autres rôles, dont beaucoup sont meilleurs que ceux qu’elles remplacent.

Un monde du travail dynamique

En plus de changer davantage de métiers, nous travaillons un peu moins qu’avant. Dans l’ensemble des pays de l’OCDE,  le nombre d’heures travaillées par an a en effet diminué. Les entreprises ont besoin d’une main-d’œuvre plus flexible, et la façon dont les employés appréhendent l’équilibre entre travail et vie privée a évolué.

Il n’est pas certain que cette diminution du nombre d’heures travaillées soit due à un vieillissement de la population mondiale. Mais la donne démographique a résolument changé : nous sommes tous aujourd’hui un peu plus vieux. Dans les pays de l’OCDE, l’âge moyen a progressivement augmenté, ce qui a de profondes implications sur le réservoir mondial de main-d’œuvre. Certains marchés n’auront d’autres choix que d’ouvrir leurs frontières à un plus grand nombre d’immigrants, car ils seront confrontés au cours des prochaines décennies à une importante pénurie de talents.

Des progrès incroyables ont déjà été réalisés, mais il reste encore beaucoup à faire avant que la diversité et l’inclusion deviennent une réalité et que chacun dans le monde puisse accéder à un travail décent.

on observe clairement une augmentation de la demande de compétences générales, telles que la créativité, l’intelligence émotionnelle et l’aptitude à négocier. 

Dans certaines régions, et pendant toute leur vie, les filles n’auront pas accès aux mêmes postes ni aux mêmes salaires que les garçons. Des obstacles demeurent aussi pour les migrants internationaux, de plus en plus nombreux, et la discrimination liée à l’origine ethnique continue malheureusement à prévaloir. Pour parvenir à pérenniser la main-d’œuvre sur le long terme, il nous faut redoubler d’efforts pour mettre un terme à ces inégalités.

De nouvelles perspectives pour l’emploi

Pour autant, certaines choses s’améliorent pour les travailleurs aux quatre coins du monde. Il est vrai que la pandémie a limité temporairement les déplacements physiques. Mais la généralisation du travail à la maison ouvre des opportunités à ceux qui, pour des raisons géographiques, n’auraient pas pu auparavant accéder à certains emplois. Les gouvernements, le secteur privé et d’autres parties prenantes apportent davantage de moyens pour permettre à des millions de travailleurs de se requalifier ou de monter en compétence.

De la même façon, de nouvelles lois sont adoptées pour protéger le nombre croissant d’entrepreneurs et de travailleurs indépendants. Les  établissements d’enseignement étendent aussi leurs programmes de façon à aider la prochaine génération à mieux se préparer pour faire face aux bouleversements engendrés par la transformation digitale. Et pourtant, le décalage qui existe à l’échelle mondiale entre les endroits où les compétences font défaut et les endroits où se trouvent ceux qui les possèdent reste énorme.

Notre propos n’est pas ici de spéculer sur l’avenir, mais nous nous plaisons à croire qu’avec les années, nous avons acquis une certaine connaissance du  marché du travail. C’est ainsi qu’en regardant un peu en arrière, il nous apparaît que l’année de la création de Randstad correspond à un point d’inflexion. Il nous semble que l’on dira la même chose de l’année 2020.

La COVID-19 a davantage bouleversé la productivité mondiale que toute crise financière ou tout conflit géopolitique jamais vécu de mémoire d’homme.

Quelles que soient l’échelle et la complexité des difficultés auxquelles l’humanité peut être confrontée, une constante demeure : les gens sont extraordinairement résilients et ont une remarquable capacité à exploiter les opportunités qui s’offrent à eux. L’expérience des six dernières décennies nous donne toutes les raisons d’être optimistes pour les années à venir, quelles que soient les nouvelles difficultés que nous pourrions encore rencontrer.

Au cours des 60 dernières années, le monde du travail a radicalement changé. L’étude Flexibility@Work 2021 propose une analyse des grandes transformations du travail pour mieux anticiper l’avenir.

L’édito de Frank Ribuot : S’adapter au changement pour embrasser l’avenir

1ère partie : Redéfinir le travail

2e partie : les compétences à l’heure de l’automatisation

3e partie : un marché du travail durable

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