le 13 avril 2023
Flexibilité au travail : le nouvel horizon des travailleurs “hors bureau”

L’enquête Randstad Workmonitor du deuxième trimestre 2023 a interrogé plus de 7 500 travailleurs dans 5 pays, dont plus de 1 250 en France. Ces données sont des retours précieux dont peuvent s’inspirer les employeurs pour faire face à la pénurie de main-d’œuvre et renforcer leurs stratégies d’attraction et de fidélisation des talents.

 

Contraints d’adapter leurs modes de travail pendant la pandémie, les employés de bureau ont depuis gagné en flexibilité. Mais si la tendance du télétravail confirme sa popularité au sein de cette catégorie de travailleurs, elle continue toutefois d’exclure les salariés “hors bureau”. Les raisons en sont multiples : travail sur site obligatoire, emplois du temps rigides ou réticence des employeurs. Quoi qu’il en soit, force est de constater que ceux qu’on surnomme les “cols bleus” et les “cols gris” sont loin de bénéficier des mêmes aménagements au travail que leurs homologues en “col blanc”. 

Si ces travailleurs ne sont pas logés à la même enseigne que leurs collègues de bureau, cela ne les empêche pas pour autant de briguer les mêmes avantages. D’après les données recueillies dans le cadre de l’enquête Workmonitor de Randstad, les employés hors bureau souhaitent gagner en flexibilité, un facteur d’attractivité qu’ils estiment pour beaucoup aussi important que la rémunération. Selon eux, leurs employeurs pourraient faire plus pour répondre à leurs besoins.

« Ce que j’aime le plus dans mon travail, c’est la flexibilité. Quand on a des enfants, cela facilite les choses. Même ceux qui n’ont pas d’enfants scolarisés apprécient cet avantage, parce qu’ils peuvent terminer dès 14 heures s’ils le souhaitent. Nous sommes maîtres de nos emplois du temps », déclare Joe Marino, manutentionnaire pour un groupe alimentaire international aux Etats-Unis.

Employé hors bureau, Joe est chargé de la mise en rayon des produits de son entreprise. Les horaires d’ouverture étendus de ses distributeurs lui permettent d’organiser librement ses activités au cours de la journée. Ainsi, son travail s’adapte à son style de vie et à ses obligations familiales, et non l’inverse.

 

De l’attrait universel de la flexibilité au travail 

La flexibilité est un facteur certain d’attractivité pour l’entreprise de Joe. Selon nos données, beaucoup d’employés hors bureau aspirent à en bénéficier. Par exemple, dans la catégorie des cols bleus, c’est-à-dire les employés effectuant un travail manuel, la flexibilité est aussi importante, voire plus, que la rémunération pour 42 % des sondés français. Cette revendication est encore plus forte chez les talents en col gris, une classe professionnelle à mi-chemin entre les cols bleus et blancs, s’occupant des services ou en contact avec les clients : 47 % d’entre eux accordent la même valeur à la flexibilité qu’à la rémunération.

Sans surprise, les cols bleus et gris expriment une plus forte insatisfaction en ce qui concerne leur autonomie professionnelle. En effet, près d’un travailleur français hors bureau sur trois (32%) considère que son employeur ne se montre pas suffisamment accommodant. 31 % d’entre eux ont déjà posé des congés maladie pour gérer des responsabilités personnelles, tandis que 28 % ont déjà quitté un poste en raison d’un manque de flexibilité. Plus de la moitié des cols gris et bleus (51%) estiment par ailleurs que les employés de bureau jouissent d’une plus grande flexibilité. Nos données prouvent qu’il ne s’agit pas que d’un ressenti: en France, 47 % des employés de bureau ont effectivement gagné en flexibilité au cours des trois dernières années, contre  32 % pour les cols gris et 25 % pour les cols bleus. 

 

Quand flexibilité rime avec équité au travail 

La tendance au télétravail et au travail hybride favorise incontestablement les employés de bureau. Une différence de traitement que leurs homologues hors bureau n’estiment pas justifiée, réclamant de ce fait davantage de liberté au travail. Parmi les talents en col bleu et gris, plus d’un français sur 3 (35%) souhaiterait bénéficier d’un emploi du temps flexible (exemple : semaine de quatre jours ou réduite). De leur côté, 40% des cols blancs donnent quant à eux la préférence aux solutions de télétravail.  

Si les attentes des travailleurs hors bureau bousculent les habitudes, elles n’impliquent pas forcément de changement drastique des politiques rh, mais plutôt la prise en compte par les employeurs des besoins à l’origine de ces aspirations. Dans le cas de Joe, la possibilité de choisir quand traiter ses commandes lui permet de gérer ses impératifs personnels (consulter le médecin, aller chez le garagiste ou simplement prendre un peu de repos) sans pour autant perturber son travail. Ses horaires sont également compatibles avec ceux de l’école de ses enfants et lui laissent du temps libre à passer en famille… ce à quoi aspirent la plupart des personnes interrogées.

En effet, la majorité des répondants à notre enquête déclarent qu’ils passeraient plus de temps avec leur famille si leur travail leur offrait plus de flexibilité. En France, ce souhait est particulièrement fort chez les cols bleus (63 %), suivis par les cols gris (55%) et les cols blancs (54 %). Plus de deux sondés sur cinq (45%) affirment aussi qu’ils prendraient davantage soin de leur santé ou de leur forme physique, ou bien qu’ils se reposeraient plus. 34 % d’entre eux indiquent qu’ils pourraient s’occuper de leurs enfants, de leurs parents ou d’autres membres de leur famille. 

En comprenant les véritables motivations des travailleurs, les employeurs sont en mesure d’élaborer des politiques en faveur d’un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée pour leurs collaborateurs. Voici quelques exemples d’initiatives pouvant être mises en place :

  • Réorganiser le travail des employés hors bureau en activités pouvant être accomplies hors site ou en dehors des horaires conventionnels. Cette mesure ne laisse aucun collaborateur de côté, en accordant le niveau de flexibilité souhaité à ceux qui n’en bénéficient pas habituellement.
  • Soutenir davantage les collaborateurs dans l’accomplissement de leurs obligations personnelles. Il peut s’agir d’une solution de garde d’enfants sur site ou d’une aide financière pour payer un service à la personne, soulageant ainsi certains collaborateurs dans leur rôle d’aidants.
  • Fournir une assistance concrète aux collaborateurs pour réduire leur stress et booster leur énergie. 45 % des employés français hors bureau déclarent en effet qu’une plus grande flexibilité leur permettrait de prendre davantage soin de leur santé. Les entreprises peuvent leur proposer des programmes bien-être personnalisés ou mettre à leur disposition des équipements de sport sur leur lieu de travail. Ces efforts s’avèreront payants sur le long terme dans la mesure où ils favorisent la santé et la productivité des collaborateurs.

 

Dans un monde du travail qui se réinvente, la flexibilité s’impose incontestablement comme le nouvel horizon. Depuis la pandémie, un nouveau contrat social lie employeurs et collaborateurs ; ces derniers attendent désormais des entreprises qu’elles prennent leur bien-être à cœur à travers des actions concrètes. Les entreprises qui sauront satisfaire les besoins en flexibilité de leurs salariés bénéficieront d’une meilleure marque employeur. Elles seront mieux à même d’attirer et de fidéliser les talents et ainsi faire face aux pénuries de main-d’œuvre.

 

résultats évolution flexibilité

 

résultats modalités flexibilité

 

importance de la flexibilité

 

résultats temps libre